samedi 22 septembre 2012
Ne pas perdre, ne pas se perdre.
J'avance. Avec le début, vient la fin mais si il n'y avait pas de fin c'est qu'il n'y a pas eu de début. Hors, de nos mémoires surgissent toutes les origines, toutes nos sources. Faut-il pour autant se demander d'où vient la source ? Probablement du rocher qui a reçu la pluie elle même surgie des surfaces de bleues immenses. Nous sommes dans le cycle, nous lui appartenons. Nous n'en connaissons ni les raisons (le cycle a-t-il une raison ?) ni quoique ce soit. Mais nous y sommes.
J'avance. Mon sac se vide chaque jour un peu plus. Bientôt il sera aussi leger qu'avant mes premiers pas. Ni plus heureux, ni plus malheureux. Que puis-je faire d'autre que de regarder ? Les illusions sont comme des vêtements luxueux qui ne résistent pas à l'usure du temps. Tout comme les idées. Ce qui resiste, c'est le réel; la matière que l'on transforme, les êtres avec qui l'on chemine.
Mes routes et mes jardins ne sont ni trés fréquentées ni trés organisés. C'est bien ainsi. Je ne me sens plus grand chose en commun avec le fatras ambiant. Les débats "d'idées" (Genre, homoparentalité, intégrisme des barbus, démocratie, mondialisation, crise, etc) sont comme des non-sens. Dans un sytème où l'Etat controle tout, la société du spectacle (Guy Debord) prend la place de l'existence puis celle de la vie. Ce qui est durable, c'est ce qui est stable. Le reste ce sont des illusions.
Pour ne pas perdre, il ne faut pas jouer. Si l'on n'est pas assez puissant pour renverser le plateau de jeu.
mardi 7 août 2012
Wolfen
Ils étaient là avant. Avant que ne viennent les hommes qui portaient avec eux un autre monde, ce monde où l'on promet un tout autre que l'on peut avoir maintenant à condition de payer demain.
Ils étaient là lorsque les dieux étaient de l'immensité du cycle; le tonnerre d'un jour, la fécondité d'un autre, la guerre et la paix, la vie et la mort.
En deça et au delà du bien et du mal. Seulement la vie cruelle et drôle, souriante et noyée de larmes.
J'enfante donc je suis. Je construis donc je suis. Je combat donc je suis. Je sème donc je suis. Je récolte donc je suis. Je meurs donc je suis.
La pensée n'est pas l'être. L'être c'est l'esprit et la main qui s'accomplissent dans le cycle. L'être c'est la reflexion et la puissance au coeur du temps conscient.
L'être était là avant; tout comme les loups.
mercredi 11 juillet 2012
Poste restante
Comme des couleurs ou des noirceurs zébrés d'eclairs qui attendent qu'un regard leur donne une présence au jour. Des mots qui, se retournant, voient le néant qui les engouffre puisque nul ne sera venu leur donner l'heur d'être à l'intelligence des choses ce qu'est un soupçon de dentelles et l'affleurement d'une caresse au grain de la peau.
Des éclats qui n'ont d'éclat que pour l'oeil qui les voit. Car nous n'avons de sens que par la présence de l'autre. Sans humain pour en parler, il n'est pas de dieu et sans oreille pour entendre, il n'est ni mots ni musique.
Un seul flocon de neige sur les lèvres suffit à comprendre la beauté du monde. Qui sait si ce que l'on fait n'est pas pour ce seul flocon ?
Poste restante.
A l'angle du silence et de la nécessité.
Quelque part à la surface du temps.
Des éclats qui n'ont d'éclat que pour l'oeil qui les voit. Car nous n'avons de sens que par la présence de l'autre. Sans humain pour en parler, il n'est pas de dieu et sans oreille pour entendre, il n'est ni mots ni musique.
Un seul flocon de neige sur les lèvres suffit à comprendre la beauté du monde. Qui sait si ce que l'on fait n'est pas pour ce seul flocon ?
Poste restante.
A l'angle du silence et de la nécessité.
Quelque part à la surface du temps.
lundi 9 juillet 2012
Ce qui nous touche
En Afghanistan, des barbus ont assassiné une femme soupçonné d'adultère. Ces barbus ont agit au nom de leur dieu. Je souhaite seulement que leur dieu les envoie en enfer.
Cette femme était et restera une inconnue; personne ne dressera à sa mémoire un monument. Elle est morte parce que des hommes se comportent comme même les animaux ne le font pas.
Donc à elle, et à toutes celles que la bêtise, la vulgarité, les religions, les pouvoirs et le soit disant honneur que des hommes situent entre leurs jambes, ont massacré parce qu'elles étaient des femmes, cette fleur.
Et sur le bord crasseux des trottoirs j'affûte mon long couteau. Les barbus ne feront pas cela devant ma porte.
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lundi 25 juin 2012
Immensité
Un homme marche. Il tire à la force de ses épaules un monde vivant. Il sait qu'un jour ceux qui sont assis sur le traineau viendront le remplacer. Un jour un peu plus fatigant que les autres, il se retourne. Dans le traineau il ne reste que des cailloux.
Il s'arrête, regarde les cailloux; avec les pierres il construit une maison.
Puis il s'en va avec son traineau vide. Son temps est achevé.
Un homme marche dans la tempête. Il y a enfin une maison de pierres. Il entre. Il peut se reposer.
Demain il repartira ou peut être s'installera-t-il ici.
Le traineau est vide.
lundi 18 juin 2012
les mains
Qui regarde les mains de ceux qui oeuvrent ?
Regarder les mains c'est voir ce qui a été construit. Esprit, muscle, écorchure, réflexion, tension.
Au delà de la fatigue, il y a ce nul ne voit s'il ne fait pas l'effort de penser l'ouvrage depuis l'origine.
Mais qui s'en préoccupe aujourd'hui ? Tout est en apparence si facile. Mais il y a toujours des mains à l'oeuvre et des hommes (et des femmes) qui sont au pied du mur.
Qui regarde mes mains ?
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