lundi 25 juin 2012

Immensité


Un homme marche. Il tire à la force de ses épaules un monde vivant. Il sait qu'un jour ceux qui sont assis sur le traineau viendront le remplacer. Un jour un peu plus fatigant que les autres, il se retourne. Dans le traineau il ne reste que des cailloux.
Il s'arrête, regarde les cailloux; avec les pierres il construit une maison.
Puis il s'en va avec son traineau vide. Son temps est achevé.
Un homme marche dans la tempête. Il y a enfin une maison de pierres. Il entre. Il peut se reposer.
Demain il repartira ou peut être s'installera-t-il ici.

Le traineau est vide.

lundi 18 juin 2012

changer


Je ne peux pas changer le monde


Mais je peux empêcher le monde de me changer.

les mains


Qui regarde les mains de ceux qui oeuvrent ?

Regarder les mains c'est voir ce qui a été construit. Esprit, muscle, écorchure, réflexion, tension.

Au delà de la fatigue, il y a ce nul ne voit s'il ne fait pas l'effort de penser l'ouvrage depuis l'origine.

Mais qui s'en préoccupe aujourd'hui ? Tout est en apparence si facile. Mais il y a toujours des mains à l'oeuvre et des hommes (et des femmes) qui sont au pied du mur.

Qui regarde mes mains ?


Somewhere else


Quelque part ailleurs.
Peut être pour franchir le pont , peut être pour saisir autrement ce qu'il reste de pulsation du coeur et de respiration.

Mais ce sera ailleurs et sans nécessité.

jeudi 10 mai 2012

The hammer

Un homme en gris a remplacé un homme en gris.
Le seul changement c'est le tour de taille. Mais les épaules sont les mêmes: celles des hommes qui n'ont pas affronté le vrai, le réel.

http://www.youtube.com/watch?v=CwQ5FKX02kg

Il ne suffit pas d'une chanson mais elle parle comme ne le font pas les hommes en gris.

Le monde peut se passer des hommes en gris mais pas des hommes et des femmes qui ont un marteau dans la main.

mardi 24 avril 2012

En silence


Pas de mots, pas de bruit. Seulement le ciel qui tombe en tempête de gouttes, abreuvant la terre, et les arbres qui chantent et hurlent parfois dans le souffle puissant du temps qui passe.

Un homme vit, travaille, meurt et laisse sa place à un autre.

Des hommes en gris se font croire qu'ils détiennent la puissance et le pouvoir; ils passent. Restent les hommes qui vivent, travaillent et meurent. Ils creusent un sillon où d'autres sèmeront.

Un homme travaille; il dessine un rêve dans la matière dure. Son rêve est offert aux nuages et au soleil à défaut des humains qui croient qu'aimer est une pensée.

Dans le fracas des vagues de l'océan il y a un silence; non pas celui de l'absence de notes de musique mais bien celui de l'effacement des mots creux qui font un berceau à l'indifférence.

Ce qui a été perdu dans l'instant le demeure à jamais.

dimanche 8 avril 2012

Etre avec


Ce n'est pas un mot, pas une pensée.

C'est un geste, un acte.

Ce que nous sommes ce sont des actes.

"A l'origine était le geste"
Goethe