mercredi 11 juillet 2012

Poste restante

Comme des couleurs ou des noirceurs zébrés d'eclairs qui attendent qu'un regard leur donne une présence au jour. Des mots qui, se retournant, voient le néant qui les engouffre puisque nul ne sera venu leur donner l'heur d'être à l'intelligence des choses ce qu'est un soupçon de dentelles et l'affleurement d'une caresse au grain de la peau.

Des éclats qui n'ont d'éclat que pour l'oeil qui les voit. Car nous n'avons de sens que par la présence de l'autre. Sans humain pour en parler, il n'est pas de dieu et sans oreille pour entendre, il n'est ni mots ni musique.

Un seul flocon de neige sur les lèvres suffit à comprendre la beauté du monde. Qui sait si ce que l'on fait n'est pas pour ce seul flocon ?

Poste restante.
A l'angle du silence et de la nécessité.
Quelque part à la surface du temps.

lundi 9 juillet 2012

Ce qui nous touche


En Afghanistan, des barbus ont assassiné une femme soupçonné d'adultère. Ces barbus ont agit au nom de leur dieu. Je souhaite seulement que leur dieu les envoie en enfer.

Cette femme était et restera une inconnue; personne ne dressera à sa mémoire un monument. Elle est morte parce que des hommes se comportent comme même les animaux ne le font pas.

Donc à elle, et à toutes celles que la bêtise, la vulgarité, les religions, les pouvoirs et le soit disant honneur que des hommes situent entre leurs jambes, ont massacré parce qu'elles étaient des femmes, cette fleur.

Et sur le bord crasseux des trottoirs j'affûte mon long couteau. Les barbus ne feront pas cela devant ma porte.

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lundi 25 juin 2012

Immensité


Un homme marche. Il tire à la force de ses épaules un monde vivant. Il sait qu'un jour ceux qui sont assis sur le traineau viendront le remplacer. Un jour un peu plus fatigant que les autres, il se retourne. Dans le traineau il ne reste que des cailloux.
Il s'arrête, regarde les cailloux; avec les pierres il construit une maison.
Puis il s'en va avec son traineau vide. Son temps est achevé.
Un homme marche dans la tempête. Il y a enfin une maison de pierres. Il entre. Il peut se reposer.
Demain il repartira ou peut être s'installera-t-il ici.

Le traineau est vide.

lundi 18 juin 2012

changer


Je ne peux pas changer le monde


Mais je peux empêcher le monde de me changer.

les mains


Qui regarde les mains de ceux qui oeuvrent ?

Regarder les mains c'est voir ce qui a été construit. Esprit, muscle, écorchure, réflexion, tension.

Au delà de la fatigue, il y a ce nul ne voit s'il ne fait pas l'effort de penser l'ouvrage depuis l'origine.

Mais qui s'en préoccupe aujourd'hui ? Tout est en apparence si facile. Mais il y a toujours des mains à l'oeuvre et des hommes (et des femmes) qui sont au pied du mur.

Qui regarde mes mains ?


Somewhere else


Quelque part ailleurs.
Peut être pour franchir le pont , peut être pour saisir autrement ce qu'il reste de pulsation du coeur et de respiration.

Mais ce sera ailleurs et sans nécessité.

jeudi 10 mai 2012

The hammer

Un homme en gris a remplacé un homme en gris.
Le seul changement c'est le tour de taille. Mais les épaules sont les mêmes: celles des hommes qui n'ont pas affronté le vrai, le réel.

http://www.youtube.com/watch?v=CwQ5FKX02kg

Il ne suffit pas d'une chanson mais elle parle comme ne le font pas les hommes en gris.

Le monde peut se passer des hommes en gris mais pas des hommes et des femmes qui ont un marteau dans la main.