jeudi 17 novembre 2011

Detresse



En fait il n'y a rien dans le miroir. Et ceci est vrai pour chacun, aujourd'hui ou demain.

L'atomisation des vies va de concert avec l'agressivité de la modernité. En réponse les esprits et les coeurs se ferment en esperant sauvegarder un micro-espace de survie.


L'existence est devenue simultanément plus facile dans ce qu'elle a de trivial mais extrèmement épuisante au regard de ce qui devrait être le sens. La pression atteint le niveau où elle ne peut se résoudre qu'en pathologie physiologique ou psychique. Avec en prime l'incapacité réelle à atteindre une porte de sortie hors des illusions de fuite en avant.


A quoi se résume la vie d'un homme en ce siècle: travailler non pour vivre mais vivre pour travailler; et travailler pour consommer au pire, au mieux en espérant d'atteindre à la mirifique retraite ( mettre en parallèle ce qui est donné et ce qui est reçu pour un marin-pêcheur ou un couvreur par exemple...) et la fin biologue au coeur du marché de la gérontologie.


La "création de richesses" a remplacé le ryhme des saisons et les cadences de production effacent toute notion de convivialité dans l'ouvrage, et l'ouvrage lui-même.


Tout le reste découle de cette réalité: les enfants qui s'éloignent, l'incapacité à partager une passion, la mort du désir, l'immense detresse que génère la solitude et l'incompréhension pour celui qui refuse d'entrer dans la danse; mais également la violence sociale, les affairismes divers et jusqu'à la destruction de l'éco-système.


La seule lumière à l'Est de l'avenir (vent d'Est, vent divin) est bien que rien de resiste à la modernité y compris elle-même.


Wir sind die Komenden !

mardi 18 octobre 2011

Le vent dans les voiles



Une part de soi s'achève. Ce qui a été donné ne nous appartient plus; c'est pourtant encore notre présence au monde qui va vivre son temps propre.


Contrairement aux expositions d'artistes en "happening" sur les pelouses d'un parc, la création n'est pas gratuite au sens où elle n'est que création; ceci c'est de la foutaise, des carrés blancs sur des toiles blanches.


Creer c'est donner à voir ce qui est au fond de chacun, avec des mots ou des gestes, de la matière et des efforts mais que d'autres ne savent pas ou ne pensent pas savoir exprimer.


Le vent dans les voiles est le souffle qui m'anime.


Elendil prendra le vent; et rien ne retiendra la révolte. Même si elle reste silencieuse.


lundi 10 octobre 2011

Tristesse

Elle respire la tristesse; non, c'est la tristesse qui émane de son être.

Elle se montre sous un jour actif voire activiste, trés fonceur, trés entreprenant.


Mais au fond de ses yeux il y a autre chose. Comme des promesses jamais tenues, des rendez vous manqués et, par dessus tout, la conscience que rien ne viendra changer la donne.

La structure mentale est trop ancrée dans les certitudes de la foi, les habitudes trop encadrées de barbelés moralisateurs et du poids des nécessités trop lourdes pour ses épaules.

Les ailes noires planent là, juste au dessus. Et il n'y aura personne pour les effacer à coups de chevrotine d'un grand rire façon grand Pan.

Les dentelles et la bière ne sont pas au menu lorsque l'on abandonne son libre arbitre aux serviteurs, barbus ou non, d'un dieu unique quelque soit son nom.

Quelle blessure profonde ?

Je gage pour le viol licite. Celui dont personne ne parle. Celui qui fait l'épousée objet de la toute puissance de l'homme qui croit que sa virilité est d'honorer son épouse sans se demander si elle se sent honorée d'une façon ou d'une autre.

Il peut y avoir un goufre entre mariage et amour. Et une immensité entre sacrement et réalité.

Les religions instituées n'ont ni déesse ni dieu pour dire l'eros.

D'où la tristesse.

dimanche 21 août 2011

Sculpter


Les mots sont la matière, l'esprit est l'outil.
Mais est-ce vrai ?

L'esprit est la matière, les mots sont l'outil.

Comme la sculpture qui reste sur l'établi ou dans un coin de l'atelier parce qu'elle n'a pas franchi l'ouverture des regards qui enveloppent, l'esprit reste à l'ombre des jours lorsque nul verbe ne vient le reveler à la lumière.

Ceci pour une brève eclipse.

Il est temps de passer outre.


mardi 26 juillet 2011

Révolte


La révolte, la mienne, est en marche. M'importe peu que celle des autres suive.

Les femmes pendues ou lapidées en Iran pour "adultère", les assassins d'enfants ou de femmes en liberté, les coupes à blanc dans les forêts du Canada ou de Russie, les américains qui tuent pour du pétrole, nos bouffons gouvernants qui dilapident notre sueur et tout en bas les gens qui triment pour des salaires de misère.

Widerstand.

Mon drapeau est noir comme la colère et rouge comme le sang de la vie.

La révolte est comme le vent; rien ne peut l'arrêter.

lundi 25 juillet 2011

Les étoiles d'un sourire


Un rubis profond au parfum de mer, le vin de Paulilles rend en mille éclats de saveur et de gaieté tout ce que le travail des hommes a donné pour le faire naître.

Un regard qui se pose sur l'oeuvre qui s'élève à la force des bras, entre acier des outils et fibres de l'arbre - si fragiles lorsqu'elles sont détachées mais si puissantes lorsqu'elles restent assemblées au coeur de la poutre - et qui voit ce qu'il y a au delà du travail.

Un mot juste.

Un peu d'onguent sur les mains déchirées.

Un verre offert.

Une main d'enfant qui se tend pour aller un peu plus loin.

Il y a des sourires.
Il faut parfois déchirer les nuits profondes pour les voir.

L'ultime colline


Elle aura la forme d'une vague.
Parce que rien ne retient celui qui a largué les amares. Dans les tavernes du port on ignore son âge, son rêve, ce qu'il fait.

Le monde nucléarisé ne l'est pas que par les bombes ou les centrales. Il l'est aussi par la destruction totale du lien. Effet collatéral dira-t-on. Non effet direct. De la "créature" face à un dieu tout puissant à l'oubli des liens réels il n'y a que le pas de la modernité et celui de la technologie.
La connection à "face de bouc" remplace la prière devant un ciel vide mais l'effet est le même.

Le plus beau des cadeaux que l'on puisse faire à un homme qui franchi le demi siècle c'est bien de l'oublier. Il n'en sera que plus déterminé et il voyagera bien plus léger pour la dernière étape.

Non, vraiment. Je ne reviendrai pas en arrière.